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Écrit par Samuel Guilhot
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Les deux hommes marchaient d'un pas lourd, accablé, Ne voyant ni les champs où murissaient les blés, Ni les arbres joyeux sur le bord de la route, Ni la brebis qui bêle, ou la chèvre qui broute, Ni la courbe gracieuse et souple de l'oiseau Dans l'air pur du printemps, ni tout ce qui est beau Ni le calme du soir quand s'allonge les ombres Ni rien de ce qui vit sous des formes sans ombres. Leur regard abattu cherchait en vain l'espoir Dans le ciel déclinant sur les ombres du soir, Leurs pensées en émoi étaient â bout de force Et leur corps fatigué faisait plier leur torse,
Un bruit de pas â côté d'eux Se fit entendre â tous les deux, Un pas léger, un pas de rêve. A leurs débats mit une trêve. Dans leur chemin un inconnu Leur sembla être un bienvenu. Cet homme alors se mit â dire: J'entends que vos âmes soupirent; De quoi parliez-vous en chemin ? Avez-vous peur qu'un lendemain Se lève avec des jours sinistres Pour que vous soyez aussi tristes ?
Un des hommes, celui qu'on nommait Cléopas, Lui répondit alors: Comment ne sais-tu pas Que dans Jérusalem, ces jours-ci, notre maitre Jésus de Nazareth a été par des traitres Arrêté, flagellé et enfïn mis à mort ? Nous pensions qu'il serait un chef puissant et fort Capable de sauver Israël en détresse. Mais son pouvoir, hélas, n'a été que faiblesse ! Ni sa grande bonté, ni son fidèle amour, De cette adversité n'ont pu changer le cours. Il est vrai que certains ont vu sa tombe vide Mais lui, ils l'ont cherché sans retrouver leur guide !
Alors Jésus a répondu A ses disciples éperdus; Vos coeurs sont-ils si lents à croire Qu'avant de posséder la gloire Le Christ devait d'abords souffrir, Etre rejeté, puis mourir. N'est-il pas dit dans l'Ecriture Qu'il est, pour toute créature, Le seul vrai moyen de salut Donné au peuple des élus. C'est la ce qu'on dit les prophètes Et tous les écrits des poètes.
Le soir, rapidement, étendait son manteau Et l'horizon entier semblait être un tombeau Se Fermant pour toujours sur l'espoir des disciples. Es ressentaient pourtant, au cours de leur périple, Qu'une étrange lueur commençait à pointer Au sein de leur chagrin. Ils allaient s'arrêter En arrivant chez eux, à l'entrée du village, Et prièrent Jésus, leur ami de passage, De rester avec eux pour apaiser leur faim Après avoir prié Jésus rompit le pain C'est alors que leurs yeux reconnurent leur maitre, Mais dès qu'il se fit voir ce fut pour disparaitre!
Alors ils se dirent entre eux: Nos coeurs n'étaient-ils pas en feu Quand il nous parlait sur la route Et que renaissait goutte à goutte L'espoir qui nous avait quitté Jésus vit pour l’éternité ! C'est la désormais son domaine, Et sa Majesté souveraine Fera que chaque coeur humain Pourra, sous sa divine main, Trouver la source de la vie Où coule une paix infinie !
Samuel Guilhot Clamart, Mai 1991. |