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"Je
ne vous appelle plus serviteurs, parce que le serviteur ne sait pas
ce que fait son maître ; mais je vous ai appelés
amis, parce que je vous ai fait connaître tout ce que j'ai
appris de mon Père." (Jean 15:15).
« Lave-moi
complètement de mon iniquité »
David
implorait Dieu de le purifier. Il savait que ce qui sépare un
homme de Dieu est le péché. Quand Jésus déclara
vouloir purifier le lépreux de sa lèpre, le miracle se
produisit immédiatement. Il chassait les démons,
guérissait les malades et ressuscitait les morts. La dartre de
la lèpre s’est étendue dans le monde.
Le
souverain sacrificateur pourrait déclarer que le monde entier
est impur. Bien des situations mériteraient un assainissement.
Bien des circonstances exigeraient une remise en question, un examen
de conscience. Pour que Dieu nous console en parlant à notre
cœur, il faut que notre cœur l’entende. Mais notre cœur est
parfois sourd à la parole que Dieu veut donner, car il s’est
endurci par le péché.
Bien des
hommes ne s’aperçoivent pas que l’Esprit ne peut plus
parler, tant ils sont à l’écoute d’autres voix.
Quand Paul
exhorte à demeurer dans la joie, il n’isole pas la joie
d’autres consignes spirituelles.
« Perfectionnez-vous,
consolez-vous, ayez un même sentiment, vivez en paix… »
(2 Corinthiens 13:11).
Affranchis
du péché
Nous
étions sans loi jusqu’au jour où le commandement
vint. Nous vivions dans la désobéissance avant
d’obtenir la miséricorde. Nous étions opposés
au Seigneur. Nous servions d’autres dieux qui ne le sont pas par
nature. Nous marchions selon le train de ce monde, selon le prince de
la puissance de l’air, de l’esprit qui agit dans les fils de la
rébellion. Les convoitises de la chair possédaient
notre âme. Nous étions des enfants de colère.
Nous
étions enténébrés, étrangers à
la vie de Dieu, insensés, désobéissants, égarés
et asservis, vivants dans la méchanceté et dans
l’envie. La justice a été manifestée et nous
sommes justifiés par son sang pour être sauvés.
Nous avons obtenu la réconciliation.
Dégagés
de la loi, nous vivons dans la grâce. Aucune condamnation
n’atteint celui qui vit en Jésus-Christ. Il a obtenu
miséricorde. Il a été réveillé du
sommeil. Il veut vivre, agir, connaître, penser et servir selon
l’Esprit. En attendant la rédemption de notre corps qui sera
la réalisation sublime des promesses, nous vivons dans la
chair marquée par le mal. La chair est hostile à Dieu
et ne peut se soumettre à sa loi. L’amour du monde rend
ennemi de Dieu. La création soumise à la vanité
est le cadre dans lequel naissent les hommes. De vaines paroles et de
vaines pensées absorbent le cœur enténébré
de l’homme asservi. De vains discours séduisent pour
étouffer la parole et rendre infructueuses les promesses. Cet
âge subit l’invasion des convoitises.
Un
serviteur exerce un ministère de réconciliation. Il
annonce la parole de la réconciliation. Il proclame :
« Soyez réconciliés avec Dieu ».
Il prêche le mystère de la croix qui a détruit
l’inimitié. Il prophétise que Dieu a voulu
réconcilier « ce qui est sur la terre et ce qui est
dans les cieux » en faisant la paix par le sang de la
croix, par la mort de Christ dans le corps de sa chair.
Dieu
cherche la réconciliation avec l’homme. Il n’accable et ne
condamne personne. Alors même que les hommes persistent dans
leur refus de Dieu, son Esprit les cherche. Nous avons été
réconciliés avec Dieu par la mort de son Fils pour
arracher l’homme à la servitude en lui donnant un esprit
d’adoption.
Mon
âme refuse toute consolation
(Psaume 77:3)
Il arrive
que dans l’épreuve, rien ni personne ne parvienne à
nous consoler. Nous sommes comme Jacob quand il reconnut la tunique
de son fils Joseph.
Nous
portons le deuil de ce que nous pensons avoir perdu. Que ce soit un
être cher, un projet, un bien matériel, une situation,
nous éprouvons un sentiment dont personne ne peut nous
libérer. Mais dans l’épreuve, l’homme de foi
connaît le chemin de la joie profonde. Elle est fondée
sur les promesses de son Seigneur. Il sait qu’à l’origine,
l’espérance de la consolation vient de Dieu. Il ne cherche
pas chez l’homme la consolation que seul Dieu donne. Et c’est
dans la bonté de l’Éternel qu’il trouve son
réconfort.
Siméon
attendait la consolation d’Israël. Il vivait dans l’Esprit :
poussé par l’Esprit, il se rendit au Temple de Jérusalem.
Sa consolation fut de voir le salut de ses yeux. Quand il prit le
petit enfant Jésus dans ses bras, il fut persuadé qu’il
pouvait s’en aller en paix. Il avait compris l’espérance
des hommes de foi. La consolation vient de la promesse que donnent
les Écritures, car en elles sont consignés les
engagements divins. C’est ainsi que consolé par la certitude
d’avoir vu le salut de Dieu, il consola des générations
de croyants. Pourtant, il ne vit qu’un enfant. Mais l’Esprit de
Dieu le remplissait. Il parvenait à discerner bien au-delà
du visible que cet enfant était Dieu fait chair. S’il
n’avait pas été rempli du Saint-Esprit, il n’aurait
rien attendu, et il n’aurait rien vu. Il aurait été
dans l’ignorance et le banal.
Noé
préfigure la consolation divine.
« Celui-ci
nous consolera de nos fatigues et du travail pénible de nos
mains » (Genèse 5:29).
Tout comme
Siméon, il écoutait Dieu. Il sera l’instrument qui
rendra bénie une terre maudite.
Consolé
par le pardon
La base de
la consolation est le pardon que nous accordons, que nous nous
accordons. Nous avons été pardonnés de nos
offenses et la capacité de pardonner est offerte à ceux
qui furent pardonnés eux-mêmes. Le Père céleste
observe les actions des siens et Il pardonne à ceux qui
pardonnent. Le Fils de l’homme a le pouvoir de pardonner les
péchés. Sinon, nous serions dans la détresse,
car nos offenses ne seraient pas pardonnées et nous n’aurions
aucune consolation. Soixante-dix fois sept fois serait la mesure de
pardon à accorder à un frère qui pèche
contre nous. Quel climat nouveau s’installerait dans le peuple de
Dieu si un tel principe était appliqué !
Quand un
homme est pardonné, il goûte la grâce et s’habitue
à Dieu en sortant de la condamnation que lui inflige sa
conscience pour faire l’expérience de l’amour gratuit.
La
connaissance du salut n’est possible que par le pardon des péchés.
Nous ne pardonnons pas à notre prochain avec notre pouvoir,
mais « à cause de son nom » (1 Jean
2:12), le faisant participer au miracle dont nous sommes l’objet.
Le Royaume des cieux est
proche
Le mystère
de l’Évangile rapproche du royaume ceux qui se repentent. La
foi grandit dans un cœur repentant. La repentance rend pauvres en
esprit pour que le royaume des cieux soit à nous. Nous ne
sommes plus dans la suffisance et l’arrogance, mais dans
l’humiliation et la dépendance. Persécutés,
nous bénissons. Notre justice n’est pas apparente, mais
intérieure dans la paix. Les violents s’approprient ce
royaume en le forçant. Ils refusent la facilité,
vendent tout pour posséder le trésor caché. Pour
entrer dans le royaume des cieux, il faut devenir comme les petits
enfants en vivant dans la foi. Car la foi réconcilie avec
Dieu. Nous sommes sur un chemin nouveau, un chemin de pardon. La
Bonne Nouvelle devient notre vécu. Nous l’annonçons
car l’Esprit nous l’annonce intérieurement. Il atteste que
nous sommes enfants de Dieu. Ce témoignage de l’Esprit crée
en nous un esprit bien disposé. Chaque homme a vécu
« un temps d’ignorance » (Actes 17:30).
L’illumination intérieure du Saint-Esprit est graduelle.
Dieu ne tient pas compte « des temps d’ignorance »,
mais de l’attitude humble et honnête d’un cœur repentant.
La tristesse selon Dieu qui produit la repentance est porteuse d’une
profonde consolation. Dans le ciel, la joie est immense. Quand un
homme se repent, le ciel est dans l’allégresse. Dieu n’est
pas dans le jugement pour comptabiliser la faute et la transgression.
Il se réjouit de la repentance (Luc 15:7). Se repentir produit
la joie dans le ciel. Quel que soit le péché confessé,
la joie du ciel est immense quand on se repent. La rédemption
consiste à effacer les péchés de l’homme.
Contrairement
à la prédication légaliste, Dieu veut que nos
péchés « soient effacés »
(Actes 3:19), pour que nous devenions ses amis. Abraham crut à
Dieu. Sa foi le rendit juste et il fut appelé ami de Dieu.
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Le Dr Berreby est Docteur en
Théologie et membre du Conseil Doctoral de la Faculté Réformée Américaine. Il
exerce essentiellement un ministère d'enseignement en France avec la Fondation
Mayane.
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