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" Jésus
étendit la main, le toucha, et dit : Je le veux, sois
pur. Aussitôt il fut
purifié de sa lèpre. " (Matthieu 8:3-4).
Piégés
Notre
âge s’offense devant une profession biblique qu’il qualifie
de sectaire, refusant que l’Écriture soit la référence
unique. S’appuyant sur l’extraordinaire progrès du savoir,
il n’envisage pas que la Bible en contienne les origines. Il la
catapulte dans les oubliettes des fables mythologiques. Au mieux, il
lui attribue une valeur culturelle, mais ne se risque pas à
prendre au sérieux ses lois, ses promesses, ses prédictions.
N’a-t-il
pas annulé la Parole de Dieu au profit de la tradition ?
Ne s’est-il pas laissé entraîner par la philosophie et
la vaine tromperie ?
N’a-t-il
pas fait le choix de théories contraires à l’Écriture,
s’abusant sur l’omnipotent savoir-faire technologique de la
science qu’il confronte imprudemment à l’Évangile ?
La
Parole exige de devenir « fous » si nous avions
été sages selon ce siècle, « afin de
devenir sages » (1 Corinthiens 3:18). Elle démasque
le dieu de ce siècle mauvais qui aveugle l’intelligence.
Pour
mettre en évidence le pouvoir séducteur des
engouements, elle cite Démas qui abandonna Paul « par
amour pour le siècle présent » (2 Timothée
4:10).
Le
Jésus de Paul n’était pas d’en bas, ni de ce monde,
mais d’en haut (Jean 8:23). « Cherchez les choses d’en
haut », écrivait-il, où Christ est assis
(Colossiens 3:1).
Libérés
Paul
avait la vision d’un peuple inébranlable dans la foi qui ne
se détournait pas de l’Évangile. Son enseignement
ambitionnait l’enracinement de l’Eglise dans la vérité
de l’Ecriture.
Il
voulait présenter à Christ l’Eglise comme une vierge
pure. Il savait que dans les derniers temps, la tiédeur
éloignerait certains disciples de l’essentiel. Il
connaissait la disposition de l’homme à se gérer sans
Dieu.
Paul
n’ignorait pas les ruses de l’adversaire qui agit par petites
insinuations d’apparence innocente. Il n’avait aucun doute sur la
capacité de l’adversaire à tromper par l’illusion
que l’homme cultive de lui-même. Il avertissait de
l’attraction qu’exercent sur chacun de nous les mille
distractions légitimes de la vie. Il orientait les siens vers
la foi.
Pour
illustrer la foi, il prit pour exemple Abraham, qui ne s’arrêta
pas à l’état de son corps usé alors qu’il
avait près de cent ans quand il entendit la promesse d’un
fils (Romains 4:19).
Mais
comment s’opposer ainsi à la réalité, au
quotidien, à l’évidence, aux contingences, aux
circonstances, à la souffrance, à l’échéance
de la mort physique ?
Il
faut une vision de ce qui va se passer, une assurance quant à
la souveraineté de Dieu sur l’histoire, une confiance que
les promesses se réaliseront comme celles qui concernaient la
venue d’un messie.
Lucide
quant aux pièges du raisonnement, Paul exhorta à éviter
de discuter sur les opinions devant celui qui est faible dans la foi.
Il
sommait les disciples d’être des hommes (1 Corinthiens
16:13).
Il
les poussait à s’éprouver
pour vérifier que la foi les guidait, à vivre
dans la foi au Fils de Dieu, à
instruire dans
la foi et la vérité, à retenir la Parole de
Dieu, à « aimer
les
serviteurs
dans la foi » (Tite 3:15), à terminer
sa course dans la foi (Hébreux 11:13).
La
foi est un cri d’amour lancé au Père, une disposition
à faire sa volonté. La foi est le retour de l’enfant
vers son Père qui l’attend pour le guérir.
Fermes
La
fermeté consiste à ne pas céder aux modes de
pensée de ce siècle, à refuser les lois des
hommes, même si ces dernières fonctionnent entre les
hommes. Paul soulignait le rôle de la grâce dans notre
intelligence spirituelle.
Il
annonçait que la création serait affranchie de la
servitude de la corruption, qu’elle aurait part à la liberté
de la gloire des enfants de Dieu. Seule une Église qui
s’attend à la délivrance finale vit la délivrance
en espérance.
Sa
vision d’une Église sainte et irrépréhensible
paraît irréelle à ceux qui n’entendent pas sa
voix. Car sans la voix de l’Esprit, on erre dans une multitude de
théories, de constructions mentales, d’aperçus
insensés. Sans la voix créatrice du Saint-Esprit, aucun
renouvellement n’est possible. Sans la voix de l’Esprit, on se
laisse distraire par la vanité. Car la création a été
soumise à la vanité et les pensées de l’homme
sont « enflées de vanité » (2
Pierre 2 :18).
Naissance
de l’incorruptible
Quand
nous avons été régénérés,
ce qui est né de Dieu était pur et le restera. Ce qui
est né de Dieu triomphe du monde pour cette raison. Ce qui est
né de Dieu n’est pas de cette création. Ce qui a été
produit est incorruptible, donc pur. Il s’agit de notre esprit
régénéré. Il est la nature de Dieu, son
être merveilleux, Christ en nous, l’espérance de la
gloire. Cette partie est la partie divine qui ne peut connaître
la chute, la perdition et le mal. Nous revêtirons
l’immortalité. Nous serons vivants pour ne plus jamais
mourir. Nous serons vivants en raison de la nature divine qui déjà
nous habite. Quand l’Esprit de Dieu a fait sa demeure en nous,
notre résurrection a été annoncée.
La
trompette sonnera et les morts ressusciteront incorruptibles. Nous
serons changés en un clin d’œil.
Quand
le souverain pasteur paraîtra, nous obtiendrons la couronne
incorruptible de la gloire, en raison de la semence incorruptible par
laquelle nous avons été régénérés.
Il
fut prophétiquement annoncé que le bien-aimé ne
verrait pas la corruption. Le Saint ne pouvait être abandonné
dans le séjour des morts. Il devait ressusciter en raison de
l’Esprit de sainteté qui annule le pouvoir de la mort. Jésus
n’a pas vu la corruption. Ce qui est en vous ne verra pas la
corruption. Jésus en vous ne peut jamais connaître la
mort. La création est dans la servitude de la mort, sous
l’emprise de l’impureté, du mal et de toutes sortes de
méchancetés.
Mais
ce qui est né de Dieu est pur. Il ne s’agit pas de la chair
et du sang qui ne peuvent hériter du royaume de Dieu, mais du
Seigneur qui héritera de ce royaume quand vous revêtirez
votre domicile céleste. Vous êtes devenus participants à
la nature divine. Vous étiez esclaves de la corruption, mais
ce qui est né de Dieu en vous a triomphé de la
corruption.
Vous
n’êtes plus esclaves, mais libres. Vous pouvez invoquer le
nom du Seigneur librement.
Déclarés
purs
L’espérance
de la sainteté habite tous les cœurs des rachetés. Ils
sont des nostalgiques de la pureté. Ils entendent la Parole de
Dieu qui annonce le jour où s’ouvriront les yeux des
aveugles et les oreilles des sourds, quand éclatera de joie la
langue du muet, quand jailliront des eaux dans le désert et
des ruisseaux dans la solitude.
Ils
veulent emprunter cette voie sur laquelle nul impur ne passera. Ils
savent que viendra le jour où une joie éternelle
couronnera leur tête, où l’allégresse et la
joie s’approcheront, où la douleur fuira.
Quand
le peuple vit le Dieu d’Israël, sous ses pieds, c’était
comme un ouvrage de saphir transparent, comme le ciel lui-même
dans sa pureté. L’un des plus importants prophètes de
l’Ancien Testament s’écria qu’il était un homme
perdu, dont les lèvres étaient impures. Il ajouta qu’il
habitait au milieu d’un peuple dont les lèvres sont impures.
Il se sentait environné par l’impureté. Il annoncera
au monde quelques-unes des promesses les plus mirifiques que
l’Écriture offre à la foi.
Ce
prophète annonce l’une des fonctions des sacrificateurs qui
enseigneront au peuple de l’Éternel à distinguer ce
qui est profane de ce qui est saint, la différence entre ce
qui est impur et ce qui est pur.
Cette
réalité sera soulignée par Jésus qui,
lors du sermon sur la montagne, promet à ceux qui ont le cœur
pur qu’ils verront Dieu.
Le
pardon de notre péché s’accompagne d’une œuvre de
purification de nos pensées. Ceux qui ont le cœur pur verront
Dieu. S’il désirait que le lépreux soit purifié
de sa lèpre, sa volonté éminente est que nous
soyons purifiés de la lèpre du péché,
celle qui corrode le cœur de l’homme.
Ceux
qui lavent leurs robes ont droit à l’arbre de vie, car ils
ont blanchi leurs robes dans le sang de l’Agneau. Purifiés
par une eau pure, acquittés de leurs péchés, ils
se sont engagés à protéger leur conscience. Ils
ont entendu la voix de l’Esprit qui inlassablement sanctifie par la
Parole leur être tout entier, l’esprit, l’âme et le
corps, en vue de l’avènement du Seigneur.
Puisque
tout est sanctifié par la Parole et la prière, ils
persévèrent pour que le Seigneur poursuive en eux son
œuvre.
Ils
veulent être guéris par le Maître. Il lui
suffisait de dire au lépreux : « Je le veux, sois
pur…»
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Le Dr Berreby est Docteur en
Théologie et membre du Conseil Doctoral de la Faculté Réformée Américaine. Il
exerce essentiellement un ministère d'enseignement en France avec la Fondation
Mayane.
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