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« Je vous ai
dit ces choses, afin que vous ayez la paix en moi. Vous aurez des
tribulations dans le monde ; mais prenez courage, j'ai vaincu le
monde » (Jean 16:33).
Venez
à moi
Si nous
avons compris que Dieu a parlé par ses prophètes, par
son Fils et qu’Il parle par son Esprit répandu dans son
Eglise, nous sommes les plus heureux des hommes (cf. 2 Pierre 1:21).
Car la
foi, même comme un grain de sénevé, procure la
joie qui donne la paix et la pleine satisfaction. La foi bannit la
crainte. Elle parle au sycomore qui se déracine et se plante
dans la mer. Elle ouvre les secrets de Dieu dans sa Parole. Elle voit
l’invisible et comprend l’insondable. Elle rend profond ce que la
raison considère superficiel. Elle répand la vie et
dispense l’amour. Elle voit le Sauveur, l’Emmanuel, la Lumière
et le Semeur, le Rocher de notre salut, le Prince de la Paix et le
Roi de gloire. Il nous est fait selon notre foi.
Nous pouvons décider
de croire, et « à l’heure même »
Dieu agira, guérira, répondra à notre prière
et se glorifiera. Jésus priait que la foi de Simon Pierre ne
défaille pas et qu’il affermisse ses frères. Le
diable sait que si nous croyons, nous serons sauvés. Il tente
d’enlever la semence de nos cœurs pour cette unique raison. Il
craint la multitude au festin de l’Agneau, les myriades des
rachetés célébrant la sainteté de
l’Eternel, la louange des vainqueurs à la table du Seigneur.
Il sait que si nous croyons, nous serons de ce nombre, dans cette
foule immense des élus revêtus de gloire. Tous sont
invités à ce festin. Les plus démunis et les
plus affaiblis, les plus pauvres et les malades, les affamés
et les résignés, les rejetés et les oubliés,
tous sont conviés à recevoir le Sauveur. Les perdus et
les persécutés seront à la table du Seigneur,
revêtus d’un vêtement blanc.
La foi
se repose sur les promesses faites aux pères pour devenir en
Christ le « Oui » et l’ « Amen »
à la gloire de Dieu. Ces promesses purifient et bénissent.
Elles ferment la gueule des lions et engloutissent la mort dans la
victoire qui triomphe de ce monde... Le monde, c’est le champ. Les
fils du royaume sont la bonne semence. Quand le royaume est prêché,
le monde est vaincu. Ainsi, les accablés et les surmenés
sont invités à venir à Jésus pour qu’Il
leur donne du repos. Il nous a promis sa paix qu’Il ne donnera pas
comme le monde donne. Ce qu’Il donne est éternel. Ce que le
monde procure est souvent déloyal. Dieu ne trompe personne (1
Samuel 15:29, Tite 1:2). Que les malheureux viennent donc au festin
du Seigneur, car tout est prêt. Qu’ils viennent sans douter
prendre possession de ce qui a été préparé
dès avant la fondation du monde.
Abram
eut confiance
Le lieu
redoutable, la porte des cieux, la maison de Dieu, c’est un lieu de
réjouissance. Sa maison est un lieu de prière et non
une caverne de voleurs (Luc 19:46). Quand l’Esprit nous amène
sur sa montagne sainte, Il nous réjouit dans sa maison de
prière, et chacun devient une maison de prière. Cette
promesse est pour « toutes les nations » (Marc
11:17). Nous ne sommes la maison de Dieu que si nous retenons la
ferme confiance dont nous nous glorifions (Hébreux 3:6). La
foi suppose « la liberté de nous approcher de Dieu
avec confiance ». La foi s’attend au Dieu-Père,
Dieu d’amour fidèle et fiable. La foi ne regarde pas aux
tourments du temps présent, mais à la gloire à
venir promise. Elle voit Jésus. Elle entend la promesse de
l’époux, la voix de l’Esprit comme une voix de tonnerre ou
comme un murmure doux et léger. Dieu a parlé et Dieu
parle. Peu importe ceux qui doutent. Dieu ne ment pas. Notre joie se
trouve dans notre foi. Notre foi se nourrit des promesses. Les
promesses entérinent et valident sa Parole. Nous sommes les
héritiers qui héritent la vie éternelle. Or nous
ne pouvons pas hériter avec le fils de l’esclave. Il faut le
chasser (Galates 4:30). En nous vivent deux
hommes. Le fils de l’esclave et le fils de la femme libre, l’un
abattu et asservi, et l’autre libéré et vainqueur.
L’un doit chasser l’autre. « L’esclave ne demeure
pas toujours dans la maison ». Seul le fils demeure avec
le Père. Le fils qui est né de Dieu demeure dans la
présence du Père. L’homme né de Dieu demeure
sous l’onction de Dieu, car il est créé pour vivre du
Père (Jean 8:35). « Ainsi tu n’es plus esclave
mais fils, et si
tu es fils,
tu es aussi héritier par la grâce de Dieu »
(Galates 4:7). Nous sommes nés de sa Parole. Le sang et la
volonté de l’homme n’ont rien à voir avec le salut.
Nous sommes tous nés à Bethlehem, en Christ, par le
pain descendu du ciel pour nous donner la vie. Quand le Sauveur est
né, nous sommes nés avec lui pour vivre et voir le
royaume. Ce n’était pas la chair, mais l’Esprit. Il est
né et venu dans le monde pour que nous entendions sa voix. Il
est né sous la loi, mais Il était le premier-né
de toute la création, l’image du Dieu invisible qui allait
devenir le premier-né d’entre les morts. Dieu a « introduit
le premier-né dans le monde » (Hébreux 1:6).
Il a
introduit de nouveau dans le monde quelqu’un qui était déjà
né,
et que tous les anges devaient adorer… Nous sommes l’assemblée
des premiers-nés inscrits dans les cieux (Hébreux
12:23). Nous sommes les premiers-nés du Premier-né de
toute la création que tous les anges adorent.
« Et
ce qui est né de Dieu triomphe du monde… Et le malin ne le
touche pas…» (1 Jean 5:18).
Les
femmes cherchaient Jésus qui avait été crucifié.
Il n’était pas là où elles le cherchaient. Le
lieu où Jésus avait été mis était
désert. Elles cherchaient parmi les morts celui qui est
vivant. En cherchant le Seigneur, nous cherchons le vivant. Nous ne
fouillons pas la logique et l’histoire, les appréciations et
les théories. Nous cherchons la vie du vivant qui vivifie.
Nous ne cherchons pas dans l’espoir de grandir dans la
connaissance. Nous cherchons la vie dans sa plénitude, la
plénitude de la vie de l’Esprit.
Car
l’Esprit est la vie, et les paroles de Christ ne sont que la vie de
l’Esprit et l’Esprit plein de sa vie.
La mort
règne quand on recherche la justification par les œuvres.
S’en tenir à l’apparence serait admettre que l’homme
puisse satisfaire Dieu par ses efforts propres. La mort spirituelle
enténèbre celui qui s’estime apte à plaire à
Dieu par ses propres forces.
Si les
œuvres attestent de la foi, la foi précède tout
puisque sans elle, nul n’est justifié (cf. Galates 2:16,
Jacques 2:24).
La foi
seule saisit la vie véritable. « Combats le bon
combat de la foi, saisis la vie éternelle… » (1
Timothée 6:12). La vie est à la droite de Dieu. La vie
est une position à la droite de Dieu où Christ est
assis, ressuscité. Là se trouvent les choses d’en
haut, le soleil levant qui visite son peuple, la puissance descendue
pour régénérer, Celui qui est au-dessus de tous,
qui vient du ciel pour donner la vie au monde. Il est d’en haut. Il
ne peut pas appartenir à ce qui est d’en bas. Il est vivant.
Il ne peut pas être trouvé parmi les morts. Il est de
la Jérusalem libre où les captifs ont été
emmenés, là où le Père des lumières
règne aux siècles des siècles. Nous cherchons la
cité permanente, patrie de l’Agneau, sa gloire et son
royaume. Cette cité a de solides fondements, car Dieu en est
l’architecte et le constructeur. Elle a été préparée
pour ceux qui en sont les citoyens. C’est la montagne de Sion, la
Jérusalem céleste, l’Hermon éternel. C’est
de là que le reste sauvé par le zèle de
l’Eternel des armées sort. C’est la colline, joie de toute
la terre, la ville du grand roi.
Cette
montagne se réjouit, car les filles de Juda sont dans
l’allégresse. Les adoratrices tressaillent de bonheur en
raison de la sainteté de Dieu. Un homme ou une femme de Dieu
se réjouit de cette réalité spirituelle. Il sait
qu’au-delà du visible, une résidence a été
préparée. C’est ce lieu qui ne chancelle pas. Il n’a
donc plus de crainte.
Joseph
ne devait pas craindre de prendre Marie pour épouse. Il
entrait ainsi dans la réalisation du plan de Dieu pour
l’humanité. Nous ne craignons pas ceux qui tuent le corps
mais ne peuvent tuer l’âme, car nous savons que Dieu sauve
pour l’éternité. Notre crainte est plutôt qu’à
son arrivée, le Seigneur nous trouve ensommeillés et
résignés.
Craignons
celui qui a le pouvoir de jeter dans la géhenne. Appréhendons
de perdre notre âme avec les soucis du siècle, la
séduction des richesses et tout ce qui étouffe et rend
infructueuse la Parole de Dieu. Redoutons l’invasion des
convoitises et des plaisirs de la vie, ces épines du manger et
du boire, des excès, des ruses, des doctrines de démons,
des discoureurs, des moqueurs, des motifs d’intérêts.
Craignons l’influence sournoise de ce monde qui passe, sa
convoitise des yeux, de la chair et l’orgueil de la vie, la
corruption de l’égarement quand la simplicité du cœur
disparaît.
Craignons
l’idolâtrie qui fait la guerre à l’âme,
l’ignorance qui aveugle, les asservissements de la volupté
quand la désobéissance fait renoncer à la prière
et à la vigilance. Craignons la force naturelle du vieil homme
esclave du péché par nature, l’instinct de l’enfant
de colère assailli de mauvaises pensées et d’esprits
impurs qui tourmentent pour détruire. Craignons la cupidité
et la fraude, le dérèglement et la calomnie, l’orgueil
et la folie, l’adultère des inventifs dans le mal et des
rebelles dépourvus d’intelligence. Méfions-nous notre
propre justice égoïste. Craignons la ruse, les
différends, la malice et la dissimulation.
Alors
personne ne pourra nous accuser, car nous nous serons accusés
nous-mêmes, puis repentis profondément. Notre conscience
ne pourra plus rien dire. Elle sera éclairée et
sanctifiée par la grâce. « Qui accusera les
élus de Dieu ? C’est Dieu qui justifie. »
(Romains 8:33). L’accusateur de nos frères, celui qui, jour
et nuit, accablait les élus devant notre Dieu sera précipité.
Car Dieu fait grâce aux humbles qu’il élève
après avoir renversé les puissants de leurs trônes.
Il donne du repos à ceux qui l’aiment. Il les installe dans
le repos de leurs œuvres qui les suivent. Et comme Dieu s’est
reposé de ses œuvres, les consacrés entrent dans ce
repos de la foi d’un sabbat éternel réservé au
peuple de Dieu. Ils ont cru et sont entrés dans l’espérance
de la vie promise dès les temps anciens. Ils ont cru que le
Père a envoyé de son sein le Fils de son amour, qu’il
est sorti de Dieu avec les paroles reçues de Dieu pour être
données aux hommes. Ils n’ont pas vu, mais ils ont cru, et
leurs yeux ont été purifiés quand, touchés
par les mains de Dieu, la foi est née. Ce que l’œil n’a
pas vu a été préparé pour qu’un jour
nous voyions face à face. La splendeur de l’Evangile de la
gloire de Christ révèle la majesté d’un
sanctuaire spirituel. L’homme est alors arraché à
l’instant, à la contingence, à l’immédiat,
au temporel. Il est transporté dans ce qui l’attend. Car ce
qui se voit ne dure qu’un instant. Mais le règne de Dieu est
éternel.
Source: Fondation Mayane.
(mayane.org).
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Le Dr
Berreby est Docteur en Théologie et membre du Conseil Doctoral de la Faculté
Réformée Américaine. Il exerce essentiellement un ministère d'enseignement en
France avec la Fondation Mayane.
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