Le plat principal de la vie de Paul Imprimer Email
Écrit par Gilles Georgel   

Mais le Seigneur lui dit: Va, car cet homme est un instrument que j'ai choisi, pour porter mon nom devant les nations, devant les rois, et devant les fils d'Israël; et je lui montrerai tout ce qu'il doit souffrir pour mon nom. (Actes 9:15-16).

LA SOUFFRANCE

Introduction :

Imaginez ! Vous êtes invités par des amis au restaurant ! Une table magnifique est dressée et la carte du menu, décorée, vous attend ! Vous l’ouvrez et, pressé de la lire, vous allez directement à la ligne qui porte la mention du plat principal. Là, surprise ! C’est le mets que vous appréciez le moins qui y est écrit… Comment allez-vous réagir ? La fête est-elle pour vous gâchée ? Où allez-vous faire « contre mauvaise fortune, bon cœur » : passer au-dessus de l’élément désagréable de la fête pour vous réjouir du reste !

A peine né de nouveau, le Seigneur va avec Paul droit au but. S’Il lui fait part de Sa grâce et du pardon qu’Il lui accorde pour ses péchés et son passé de persécuteur de l’Eglise, Il ne le trompe pas et ne lui cache pas ce qui l’attend. La fête, d’une certaine façon est présente. Paul est gracié, accueilli, reçu dans le royaume de Dieu. Une vie nouvelle va commencer pour Lui. Mais le Seigneur l’avertit : le plat principal ne sera pas agréable. Après avoir fait souffrir les autres pour leur foi, Paul va devoir aussi apprendre à vivre avec la compagne la plus proche de Jésus tout au long de son parcours terrestre : la souffrance : Esaïe 53,3. Or, personne, sauf s’il est malade dans son esprit, ne peut se réjouir à l’idée de la souffrance. Pourtant, et nous devons nous y faire, la souffrance, nous dit la Bible, est une composante intégrante de la vie chrétienne.

Face à la réalité incontournable de la souffrance, nous allons nous attacher à répondre à 3 questions essentielles :

1) Pourquoi, en tant que disciples de Christ, devons-nous souffrir ? Quelle en est la raison, les causes ?

2) La souffrance a-t-elle pour Dieu une utilité ? Quelle est-elle ? Après le pourquoi, voir le pour quoi ?
3) La souffrance n’étant pas contournable, comment se préparer à souffrir pour Christ ?

La souffrance : causes, raison :


Paroles de Jésus:

Selon les paroles même de Jésus, la raison de la souffrance incontournable à laquelle doit faire face chacun de Ses disciples tient à une seule cause : le caractère inconciliable de la foi en Christ avec les principes qui dirigent le monde : Jean 15,18 à 20. Nous sommes, en tant que disciples de Christ pour le monde, ce que sont des virus pour le corps : des corps, des éléments étrangers qui menacent sa survie et qu’il faut éliminer.

Exemple de Jésus:

L’exemple le plus flagrant qui nous est donné dans la Bible se situe peut-être dans l’évangile de Matthieu 2,16 à 18. Alors que Jésus n’est encore ici qu’un enfant, qu’il n’a encore rien fait ou dit qui dérange qui que ce soit, la nouvelle de son arrivée dans ce monde est perçue par Hérode comme une telle menace qu’il n’hésite pas à programmer un massacre à grande échelle pour l’éliminer. Bien qu’impuissant, le simple fait que Jésus, présenté par les mages comme « le roi des juifs » qui venait de naître : Mat 2,2 », était là, était perçu par Hérode comme une menace pour son trône. Aussi fallait-il à tout prix et au plus vite faire disparaître ce rival potentiel gênant : 2,14.

Applications historiques:

Aujourd’hui encore, bizarrement, alors qu’il est porteur d’un message de paix, de grâce, de bonne nouvelle, partout où il arrive et où il avance, le christianisme est perçu comme une menace :

Dans les pays autrefois dominés par le catholicisme, une menace pour les prétentions de Rome à l’infaillibilité et à la légitimité de l’autorité du pape. Aussi, comme Hérode, le Vatican n’a-t-il pas hésité à procéder au massacre de milliers d’innocents pour protéger son trône dans le monde.

Dans les pays athées et autrefois sous l’emprise communiste, une menace contre l’idéologie matérialiste qui affirmait que c’est ici et maintenant que se passe la vie. Or, les dirigeants communistes le savaient : les hommes les plus difficiles à manipuler et soumettre étaient ceux qui, tout au fond d’eux, avaient une espérance céleste. Les communistes agirent donc comme les catholiques en leur temps : ils déportèrent et massacrèrent tous ceux qui, à cause de leur foi en Christ, représentaient un danger pour leur système.

La même réaction se produit pour les mêmes raisons aujourd’hui dans les pays à domination musulmane. Car devenir chrétien, c’est inévitablement faire Mahomet menteur et se retrouver donc à contre-courant du mouvement majoritaire… avec tous les risques que cela suppose.

Et dans une société libre ?

Une question se pose : le christianisme est-il seulement dérangeant dans les pays dominés par une idéologie totalitaire ? Non ! Il est dérangeant partout où, par obéissance à Christ et à la vérité, le chrétien s’élève contre le mensonge, l’injustice, la malhonnêteté qui règne dans le milieu dans lequel il se trouve.

Exemple : Etats-Unis : Charles Colson et le Watergate

Règle, principe :

Chaque fois que, dans le milieu dans lequel il vit (famille, voisinage, collègues de travail…), le chrétien choisit d’avoir un discours ou de prendre une position contraires à ce qui se dit ou se fait par la majorité il s’expose au mieux au rejet et au mépris, au pire à la persécution, dans tous les cas à une certaine souffrance. Suis-je prêt à être disciple de Christ ?

Utilité de la souffrance :

Comment, en tant que chrétien, vivre la souffrance liée à notre identité ? Comme un mal inévitable seulement : en ce cas-là, nous n’avons qu’à faire le dos rond et à le subir ? Ou autrement ? La réponse nous vient justement du vécu de Paul.

Alors qu’il effectuait son premier voyage missionnaire, Paul et son compagnon Barnabas vont vivre trois persécutions successives de plus en plus fortes :

A Antioche de Pisidie : ils sont chassés : Actes 13,50.

A Iconium : on se prépare à les lapider : ils fuient : Actes 14,6.

Puis, ils arrivent à Lystres où nous lisons ce qu’ils vivent en Actes 14,19 à 23. Le moment le plus fort de souffrance de Paul correspond au moment où se manifeste de la manière la plus forte la présence de Christ dans sa vie.

6 réalités surprenantes dans la vie de Paul ici :

Sa rapidité de rétablissement :

il est laissé pour mort la veille.

non seulement il se relève comme si de rien n’était.

mais le lendemain il est déjà debout à pied d’oeuvre pour aller dans un autre lieu annoncer l’Evangile.

Son zèle pour le Seigneur et l’Evangile :

il n’est pas refroidi par la dureté de ce qu’il vient de vivre.

mais il poursuit sans crainte, sans pause et sans relâche l’oeuvre pour laquelle il a été envoyé.

Le fruit qu’il porte : cf Jean 12,24.

Ceci explique aussi peut-être cela.

Le Seigneur est avec lui parce que, de manière évidente, lui est avec le Seigneur.

Elle n’est pas qu’une déclaration d’intention, mais elle se vérifie dans les faits la parole par laquelle Paul résume sa motivation pour Christ : Actes 20,24.

Le courage dont il fait preuve :

après avoir successivement vécu une opposition de plus en plus forte il retourne dans les lieux même d’où il a été chassé et lapidé.

quand on a accepté d’avoir signé son arrêt de mort pour Christ, on ne craint plus rien; tout ce qu’on vit encore est du bonus !

Son souci pour les autres :

Paul est davantage préoccupé par l’état des autres que par le sien.

il s’inquiète davantage de la vie spirituelle des autres que des dangers auxquels sa vie physique est confrontée.

Remarquons ici que le 2ème passage dans ces villes n’a pas pour objet l’évangélisation, mais l’édification des jeunes croyants : Paul ne verse pas non plus dans le suicidaire et la provocation.

Son enseignement :

Paul ne cherche pas franchement à rassurer les chrétiens.

Il leur communique la vision la plus élevée, concernant le prix à payer, la vision réaliste et non utopique de la vie chrétienne, celle dont lui a connaissance et dont il a fait dans sa chair l’expérience.

Il refuse de minimiser et de parler de la souffrance comme d’un accident ou de son cas comme d’un cas particulier, mais en fait, au contraire, une règle générale pour tous ceux qui visent le même objectif que lui.

La souffrance de Paul a mis en valeur :

- La capacité de renouvellement qui est en Dieu.

- L’attachement de Paul à Christ et à son Dieu.

- La réalité de son fardeau missionnaire.

- L’interaction entre notre engagement et la bénédiction de Dieu.

- Le courage dont l’homme de Dieu, soutenu par Dieu, peut faire preuve.

- Le secret d’une vie chrétienne victorieuse : avoir signé son arrêt de mort.

- Son amour, son engagement, sa dévotion dans le service pour les autres.

- Son honnêteté spirituelle dans l’enseignement qu’il apporte.

La souffrance que vit le chrétien dans ce monde pour Christ n’est pas qu’inévitable. Elle est pour Dieu une occasion unique de démontrer Sa puissance et Sa présence personnelle avec eux et le moyen, à travers eux, de confondre Ses adversaires. La souffrance vécue par le chrétien met en valeur le principe par lequel fonctionne la grâce de Dieu : le principe d’utiliser le mal pour le changer en bien à la gloire de Dieu.

Se préparer à la souffrance:

Le Christ ayant souffert dans sa chair, l’apôtre Pierre nous exhorte à nous armer de la pensée de la souffrance : 1 Pierre 4,1. C’est toujours en temps de paix qu’un pays s’arme, que la guerre soit prévisible, imminente ou non. Nous ne savons pas quand, ni sous quelle forme pourrait venir la persécution. Mais l’adoption dans notre vie chrétienne de quelques principes (incomplets) peut nous aider à nous y préparer :

N’attachons pas nos cœurs aux biens matériels, mais aux richesses spirituelles plus qu’à toute autre chose : Matthieu 6,24.

Prenons garde de ne pas laisser le cercle familial proche prendre le pas sur nos décisions dans la foi et notre attachement à Christ : Luc 14,26.

Soyons prêts aujourd’hui à payer le prix de la fidélité et de l’attachement à Christ.

Apprenons dès aujourd’hui à résister aux tentations que nous offre la vie facile et le confort : 1 Cor 9,27.

Cultivons avec le Seigneur une communion régulière en emmagasinant dans notre esprit de larges portions de Sa parole et de Ses promesses : Luc 4,1 à 13.

Entraînons-nous au pardon, à l’humilité et à la capacité de faire grâce à tous ceux qui aujourd’hui, chrétiens ou non, peuvent nous causer du tort : Col 3,13.

Ne nous inquiétons de rien, mais apprenons déjà en toutes circonstances à tout confier au Seigneur : ce qui est dans notre domaine de contrôle et ce qui ne l’est pas : Philip 4,6-7.

Signons nous-même notre arrêt de mort dans ce monde avant que le monde le fasse pour nous : 2 Cor 1,9.

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Gilles Georgel est pasteur évangélique en Picardie (France) et est marié à Lydia, infirmière. Il est père de cinq enfants. Il l'auteur du livre "Le Grand Visiteur", un livre d'évangélisation sur Jésus. Il est aussi l'auteur du blog chrétien de réflexion et d'apologétique "Pour que tu croies".

 

A Méditer

Mais l'heure vient, et elle est déjà venue, où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité; car ce sont là les adorateurs que le Père demande. Dieu est Esprit, et il faut que ceux qui l'adorent l'adorent en esprit et en vérité. (Jean 4:23-24).

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